Si vous avez accouché en maternité, vous êtes repartis avec une prescription de vitamine D pour votre nouveau-né.

Un grand nombre de coliques ou de maux de ventres chez les nourrissons cessent à l’arrêt des vitamines D « classiques » prescrites par les pédiatres (Zyma D, Alvityl… ) : la forme de la vitamine D présente dans ces compléments n’est pas la plus assimilable et ceux-ci contiennent par ailleurs des excipients tout sauf idéaux pour le système digestif d’un nourrisson – et même des perturbateurs endocriniens pour certains.

Si vous allaitez, nul besoin d’en donner à votre bébé. Il vous suffit de vous complémenter régulièrement en assez grande quantité de sorte à ce que votre lait apporte les besoins en vit. D nécessaires à votre enfant.
D’après des études*, il faudrait un complément quotidien dosé entre 4000 et 6400 UI pour que la mère allaitante ait assez de vitamine D pour elle et son bébé (je pense que 4000UI/j est amplement suffisant, il existe en effet un risque d’hypercalcémie lié au surdosage en vit. D).

Le meilleur complément en vit. D qui existe est l’huile de foie de morue. C’est le seul qui soit entièrement naturel, c’est le plus assimilable et surtout, il respecte le ratio vitamine D/vitamine A. Il n’existe en effet qu’un seul récepteur au sein de notre organisme pour ces deux vitamines. Une supplémentation quotidienne en vitamine D « classique » (comme beaucoup le font en pensant bien faire) entraine donc un risque de carence en vitamine A, car le récepteur est saturé avec la vitamine D en grandes quantités ingérée chaque jour. Cependant il faudrait en consommer énormément pour espérer arriver aux recommandations actuelles. Le surdosage en vitamine A est également à prendre en compte. De plus, le goût pour les tout-petits qui ne peuvent encore avaler de capsules est un frein.

En seconde position, nous trouvons les compléments en vit. D végétale issue de lichen boréal (Unae, La Royale, Ybela… ). Ces cures ne doivent pas dépasser 30 jours pour les raisons évoquées plus haut. Il est recommandé, tout comme pour l’huile de foie de morue, d’en faire plusieurs par an en respectant des périodes de pause entre chaque cure.

L’idéal à mes yeux est d’alterner ces deux formes (en les espaçant de pauses), tout en pensant à bien s’exposer au soleil, à identifier les sources de vitamine D dans l’alimentation et à se complémenter en magnésium (cause importante de déficit en vitamine D).

On peut également se demander pourquoi le lait maternel est si pauvre en vitamine D (ou en fer), de la même manière que l’on peut se demander pourquoi les bébés naissent avec un faible taux de vitamine K. Aux yeux de la médecine contemporaine il s’agit d’une carence à laquelle il faut remédier, mais peut-être qu’il y a une bonne raison à ces phénomènes. En ce qui concerne la vitamine K qui est coagulante, une hypothèse serait que le nouveau-né puisse bénéficier rapidement de tout le sang présent dans le placenta grâce à une plus grande fluidité sanguine induite par la faible présence de vitamine K.

Voici les apports quotidiens en vitamine D recommandés par l’Académie nationale de médecine : 800 à 1000 UI/j de 0 à 12 mois, 600 à 800 UI/j de 1 à 8 ans, et 800 à 1000 UI/j de 9 à 18 ans. Ces doses sont élevées et il est difficile de connaître l’apport exact ou approximatif de l’alimentation et de l’exposition au soleil.

Voilà pourquoi je pense, à la lumière de ce que nous savons aujourd’hui, que des cures ponctuelles de compléments les plus naturels qui soient sont les alternatives idéales.

*Oberhelman, Sara S., Michael E. Meekins, Philip R. Fischer, Bernard R. Lee, Ravinder J. Singh, Stephen S. Cha, Brian M. Gardner, John M. Pettifor, Ivana T. Croghan, et Tom D. Thacher. 2013. « Maternal vitamin D supplementation to improve the vitamin D status of breastfed infants: a randomized control trial ». Mayo Clinic proceedings 88 (12): 1378‑87

Quelle vitamine D donner à mon bébé
Angélica Echeverry
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