C’est une vie entière de conditionnement patriarcal, d’infantilisation et de mensonges qu’il y a à déconstruire.

C’est quelque chose qui ressort souvent chez les femmes que j’accompagne.Enceintes, elles découvrent le monde de la maternité et commencent à s’intéresser à tout ce qui touche à la physiologie de la grossesse, de l’enfantement, à la dégestation (post-partum), au maternage… Elles ouvrent une porte et c’est un univers entier qui s’offre à elles.

La sensation d’être dépassée face à cette montagne d’informations est vite arrivée.Certaines m’ont confié qu’elles auraient préféré mettre le nez dedans bien avant d’être enceinte, afin de pouvoir lire, s’informer et avoir le temps d’assimiler toutes ces connaissances en amont pour ne pas être prises par le temps et surtout pour pouvoir profiter de leur grossesse sereinement, d’être dans le ressenti et la connexion à leur bébé plutôt que dans l’intellect et d’avoir soif d’en savoir toujours plus.

On me demande souvent ce qu’apporte une doula. En plus de la qualité d’écoute, d’accueil inconditionnel et bienveillant qu’offre un tel accompagnement, je réponds qu’il n’y a jamais assez de rendez-vous en prénatal pour couvrir la masse d’informations qui existe sur tout ce qui touche à la périnatalité. J’aime partager le fait que je me forme, m’informe et m’éduque sur le sujet depuis maintenant 4 ans et que je continue d’en apprendre tous les jours. Tous les jours.

Je ne peux m’empêcher d’avoir un pincement au coeur lorsqu’une femme me dit que ses quelques rendez-vous collectifs de préparation à l’accouchement en maternité lui suffisent, qu’elle est prête. On lui a appris la poussée dirigée, on lui a expliqué qu’elle n’aurait pas le droit de boire ni de manger car elle demanderait forcément la péridurale, on lui a expliqué qu’elle serait allongée sur le dos, les pieds dans des étriers et que l’obstétricien ou le gynécologue « l’accoucherait ».

Nous avançons toutes sur notre chemin à notre rythme et je n’ai aucun droit d’émettre un jugement lorsque je reçois ce genre de témoignages mais force est de constater que toutes les femmes qui me partagent cela vivent un accouchement « compliqué », violent, voire traumatique.

Et suivre tous les comptes Instagram pro-physiologie ou faire toutes les préparations virtuelles à la naissance qui existent ne garantit pas de vivre un enfantement physiologique, puissant, libre. Ces connaissances, il faut se les approprier, il faut les vivre et les porter au quotidien. La physiologie est un tout, elle ne s’arrête pas à la naissance, loin de là.

Déconstruire trente ans d’oppression, de soumission et de victimisation prend hélas bien plus que 9 neuf mois.C’est dès l’enfance que nous avons un rôle à jouer auprès des futures générations, en changeant la narration qui existe autour de la naissance, en démantelant tous les rouages du patriarcat, en leur enseignant l’autonomie sur leurs corps, leur santé, et surtout en leur apprenant à travers nos choix et actions ce que signifie réellement être libre.

La situation que nous traversons actuellement en est une ô combien difficile mais belle opportunité.

La préparation à la naissance commence bien avant de tomber enceinte
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